
On a tous un pote qui jure que l’Auvergne, c’est « joli mais loin ». J’ai testé pour lui. Départ gare de Lyon un vendredi à 18 h 12, arrivée à Clermont-Ferrand vers 21 h 30, et le samedi matin je trempais déjà les pieds dans un torrent du Sancy. Trois heures et demie de train, ce n’est pas l’autre bout du monde.
Pour préparer ce genre d’escapade, je me suis appuyé sur auvergneimaginee.com, un site tenu par des gens du cru qui listent les séjours, les sites à voir et les bons plans de la région. Pas de réservation en ligne ni de package tout compris : des idées, des itinéraires, des adresses. Le genre de ressource qu’on consulte avant de partir plutôt que pendant qu’on cherche un parking.
Voilà pourquoi ça marche pour un Parisien.
Le train change tout
Table of Contents
Une heure de voiture pour sortir de l’Île-de-France, très peu pour moi. Le train, lui, vous dépose en plein centre-ville de Clermont, à dix minutes à pied de la cathédrale noire. De là, tout est accessible sans bagnole si l’on reste sur les villes d’eau : Royat, Châtel-Guyon, La Bourboule. Comptez 60 à 90 euros l’aller selon la date et l’anticipation ; en réservant trois semaines avant, j’ai payé 49 euros.
Les amateurs de volcanisme prendront une voiture de location à la gare. Une journée de location tourne autour de 40 euros hors saison, et c’est le seul moyen sérieux de monter au puy de Dôme sans dépendre des horaires de navette.
Ce qu’il faut voir, et ce qu’on peut sauter
Le puy de Dôme mérite sa réputation, mais arrivez avant 9 h ou après 17 h : entre les deux, la file du train panoramique décourage. Le puy de Pariou, juste à côté, offre le même paysage de cratère avec une montée de quarante minutes et zéro billet à payer.
- La chaîne des Puys au petit matin, quand la brume traîne encore dans les creux
- Le lac Pavin, dont la couleur surprend toujours la première fois
- Saint-Nectaire, pour les fromages et l’église romane
- Les gorges de la Sioule si vous avez une journée de rab
- Salers et son église, à garder pour un second séjour tant le trajet est long depuis Clermont
Le village de Blesle, que personne ne cite jamais, m’a pourtant marqué davantage que certains sites plus courus. Rues en pente, maisons de basalte, une place où l’on boit un café sans se presser : on y a passé deux heures alors qu’on prévoyait trente minutes.
Manger sans se ruiner
L’aligot, la truffade, la potée au chou : la cuisine auvergnate ne fait pas dans la demi-mesure et c’est tant mieux. Un menu du terroir correct coûte entre 18 et 25 euros à Clermont, davantage dans les stations thermales. Mon conseil, franchement peu original mais je le répète : sortez des rues touristiques du centre, poussez vers les quartiers résidentiels, et cherchez la salle pleine à 12 h 30 un mardi. C’est le seul indicateur fiable.
Les marchés du samedi matin valent le détour, surtout celui de Chamalières si vous logez près de Clermont. Fromages fermiers entre 8 et 15 euros le morceau, charcuterie à des prix qui feraient pleurer n’importe quel épicier parisien.
Choisir son camp de base pour un week-end en Auvergne
Pour éviter de passer le séjour à refaire les valises, choisissez un seul point de chute. Clermont-Ferrand convient très bien à un premier week-end : la gare, les restaurants et les départs vers la chaîne des Puys restent à portée de main. Prenez un hébergement près du centre ou d’un arrêt de tram, pas forcément au pied de la cathédrale où les prix montent vite le samedi.
Le Mont-Dore ou La Bourboule ont un autre avantage : on ouvre les volets sur la montagne et l’on part marcher sans traverser la ville. En revanche, il faut prévoir la voiture, vérifier les horaires de retour et accepter moins de choix pour dîner. C’est le bon plan si le paysage passe avant les cafés clermontois.
Réservez surtout votre nuit du samedi avant le train. Les petits hôtels et les gîtes corrects se remplissent vite dès qu’il fait beau, alors qu’une réservation anticipée permet de garder du budget pour un repas du terroir plutôt que pour une chambre choisie par défaut.
Deux jours ou trois ?
Un week-end de deux nuits suffit pour Clermont et la chaîne des Puys. Trois nuits ouvrent le Cantal et les monts du Forez, mais il faut accepter de rouler. J’ai fait l’erreur, une fois, de vouloir tout caser en 48 heures : 340 kilomètres de voiture, deux randonnées écourtées et un souvenir flou de l’ensemble. On ne visite pas l’Auvergne en cochant des cases.
Le budget total de mon dernier séjour, train compris, s’est établi à 310 euros pour deux personnes et deux nuits, repas et locations inclus. Difficile de faire moins pour un dépaysement aussi net depuis la capitale.
Une dernière chose : emportez une veste, même en juillet. Sur les hauteurs, le thermomètre perd facilement dix degrés en fin de journée, et j’ai vu plus d’un Parisien en tee-shirt grelotter au coucher du soleil.
