Réponse rapide : la Honda Integra Type R est la version la plus radicale de la compacte japonaise, construite en deux grandes générations. La DC2, produite de 1995 à 2001, embarque un 1,8 B18C VTEC de 190 à 200 ch ; la DC5, produite de 2001 à 2006, passe au 2,0 K20A i-VTEC de 220 ch. Traction avant, boîte manuelle, différentiel autobloquant, moins de 1 180 kg : tout est pensé pour la performance. Sa cote progresse en France et l’achat se joue surtout sur l’historique du véhicule.
Sur le papier, une compacte japonaise des années 1990 avec un quatre cylindres atmosphérique n’a rien d’exceptionnel. Dans les faits, la Integra Type R a redéfini ce qu’une traction avant pouvait accomplir sur un circuit, et c’est cette réputation qui explique la ferveur qu’elle suscite encore aujourd’hui.
Ce dossier reprend son histoire, les différences entre ses générations, sa mécanique, son comportement routier et les vérifications à mener avant d’acheter. Il s’adresse autant au futur collectionneur qu’au passionné qui veut comprendre pourquoi ce badge rouge fait toujours parler de lui.
Ce que le badge Type R a changé chez Honda
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Le premier Type R de série n’est pas une Integra mais la NSX, en 1992. La recette est déjà écrite : alléger, rigidifier, préparer le moteur, refuser les compromis. Trois ans plus tard, Honda applique la même formule à sa compacte, avec l’objectif affiché d’homologuer une voiture capable de courir en compétition tout en restant vendue en concession.
Concrètement, cela donne une caisse soudée plus densément, des trains roulants renforcés, une insonorisation réduite au strict minimum et un habitacle signé par deux baquets Recaro rouges, un volant Momo et un pommeau de levier travaillé. Le logo Honda passe au rouge et la teinte Championship White devient la signature du modèle. Rien de superflu, rien de décoratif : chaque gramme retiré se transforme en agrément sur la piste.
Cette cohérence explique en grande partie la cote actuelle. Une auto conçue comme un outil de performance vieillit souvent mieux qu’une sportive de salon, surtout lorsque ses points forts reposent sur le châssis plutôt que sur la puissance brute.
DC2 et DC5 : deux générations, deux tempéraments
La première génération porte le code DC2 pour le coupé et DB8 pour la berline quatre portes. Commercialisée au Japon en 1995, elle rejoint ensuite d’autres marchés, parfois sous l’appellation Acura Integra Type R en Amérique du Nord. Deux millésimes techniques se distinguent : la version dite 96 spec, avec ses jantes en 4×114,3, et la 98 spec, plus recherchée, qui adopte un entraxe 5×114,3, des freins avant plus généreux et des rapports de boîte revus.
La seconde génération, la DC5, apparaît en 2001. Elle change de philosophie : moteur plus moderne, structure plus rigide, présentation plus civilisée. Elle reste toutefois très liée au marché japonais, avec peu d’exemplaires exportés. Les puristes lui reprochent un poids en hausse et une direction moins bavarde, quand ses défenseurs vantent une efficacité immédiate.
Dans les deux cas, l’intention demeure identique : une traction avant atmosphérique, sans turbo ni assistance envahissante, dont le plaisir naît de la montée en régime et de la motricité.
B18C et K20A : deux façons de grimper dans les tours
Le B18C de la DC2, un 1 797 cm3 à distribution variable, développe 200 ch en version japonaise et 190 ch sur la plupart des marchés export. Sa culasse est travaillée à la main, son vilebrequin équilibré, son volant moteur allégé. Le basculement du profil de came transforme la personnalité du moteur : docile en dessous de 5 000 tr/min, spectaculaire au-delà, avec une zone rouge qui s’étire jusqu’à 8 400 tr/min.
Le K20A de la DC5 joue une autre partition. Ce 1 998 cm3 i-VTEC annonce 220 ch et surtout beaucoup plus de couple à mi-régime. La boîte à six rapports, associée à un autobloquant hélicoïdal, gomme une partie de la brutalité de l’ancien bloc au profit d’une efficacité redoutable. Sur route, l’écart de performances pures reste mince ; l’écart de sensations, lui, saute aux yeux.
À ces mécaniques s’ajoute une contrainte d’usage : ce sont des moteurs atmosphériques qui aiment tourner haut, donc sensibles au niveau d’huile. Une jauge vérifiée souvent et des vidanges rapprochées ne relèvent pas du caprice.
Deux générations face à face
| Critère | Integra Type R DC2 | Integra Type R DC5 |
|---|---|---|
| Période de production | de 1995 à 2001 | de 2001 à 2006 |
| Moteur | B18C 1,8 l VTEC | K20A 2,0 l i-VTEC |
| Puissance | 190 à 200 ch | 220 ch |
| Boîte de vitesses | manuelle 5 rapports | manuelle 6 rapports |
| Autobloquant | viscqueux ou hélicoïdal selon le millésime | hélicoïdal |
| Poids à vide | environ 1 080 à 1 120 kg | environ 1 100 à 1 180 kg |
| Trains roulants | doubles triangles avant et arrière | jambes MacPherson avant, doubles triangles arrière |
| Caractère | brut, mécanique, exigeant | précis, plus souple, très efficace |
| Ordre de prix en France | 30 000 à 50 000 € | 20 000 à 35 000 € |
Ces fourchettes servent de repère, pas de tarif : l’état, la traçabilité et la rareté d’une teinte déplacent les montants de plusieurs milliers d’euros dans un sens comme dans l’autre.
Châssis et comportement : la vraie raison de sa réputation
La DC2 repose sur des doubles triangles aux quatre roues, une architecture coûteuse que Honda réservait alors à ses modèles les plus sérieux. Combinée à une masse contenue et à une assise basse, elle offre une précision de train avant qui met encore beaucoup de tractions modernes en difficulté. La direction, non assistée sur certaines versions, transmet le revêtement sans filtre, ce qui déroute au début puis devient addictif.
La DC5 adopte des jambes MacPherson à l’avant. Plus compactes et moins coûteuses à produire, elles ne déméritent pas, mais elles participent au ressenti plus feutré de cette génération. Sur circuit, la différence se joue dans la manière d’aborder les appuis : la première récompense un pilotage franc, la seconde pardonne davantage.
Vivre avec une Integra Type R en France
Elle peut servir de voiture principale, à condition d’accepter son tempérament. Les suspensions sont fermes, l’insonorisation quasi inexistante, le coffre correct pour un coupé et la consommation raisonnable sur autoroute, plus élevée dès qu’on cherche les hauts régimes.
Le vrai sujet, ce sont les pièces. Certaines références sont devenues difficiles à trouver, notamment tout ce qui touche à l’allumage, aux freins d’origine et à la sellerie spécifique. Un exemplaire dont les consommables ont été renouvelés et documentés tient une meilleure cote qu’une auto impeccable en apparence mais jamais suivie.
Rouler avec demande aussi de l’organisation : identifier un atelier qui connaît ces mécaniques, anticiper les commandes à l’étranger, accepter des immobilisations de plusieurs semaines quand une référence manque. C’est le prix d’un modèle diffusé à quelques dizaines de milliers d’exemplaires seulement.
Acheter une Integra Type R : les repères qui comptent
Avant même de parler de couleur ou de kilométrage, trois éléments font la différence : la traçabilité, la conformité et l’état réel des organes mécaniques. Un carnet rempli, des factures classées et un historique connu valent souvent mieux qu’un compteur flatteur.
- Le moteur : consommation d’huile, fumée bleue à la décélération, déclenchement franc du VTEC, aucun cliquetis à froid.
- La boîte : craquement en troisième, synchros fatigués, sensation de l’autobloquant dans les manœuvres à basse vitesse.
- La carrosserie : corrosion dans les passages de roue arrière, sous les bas de caisse, autour des fixations de pare-chocs.
- Le châssis : points de soudure, traces de choc, jeu dans les trains roulants, usure asymétrique des pneus.
- L’authenticité : plaque constructeur, code moteur, sellerie d’origine, jantes et étriers conformes au millésime.
Un essai sur route ouverte ne suffit pas toujours : un exemplaire peut sembler sain à 80 km/h et révéler ses faiblesses à 7 000 tr/min. Prévoir une inspection détaillée par un tiers évite bien des déconvenues.
Cette rigueur explique pourquoi de nombreux propriétaires confient le suivi de leur Integra Type R à des professionnels comme Centre Faure et ses conseils, plutôt que de repousser un remplacement de pièce qui finira par coûter deux fois plus cher. Sur un modèle dont la valeur dépend de la confiance, un historique suivi devient un argument de revente à part entière.
Quelle différence réelle entre le B18C de la DC2 et le K20A de la DC5 ?
Le B18C privilégie les sensations : coup de pied au changement de profil de came, montée rageuse jusqu’à 8 400 tr/min, boîte à cinq rapports. Le K20A est plus puissant et plus souple à mi-régime, avec six rapports et un autobloquant plus progressif. Au chrono, les deux se tiennent ; au volant, le premier paraît plus vivant, le second plus efficace.
Faut-il préférer une DC2 ou une DC5 pour un usage routier régulier ?
Pour enchaîner les kilomètres sans fatigue, la DC5 est plus vivable : suspensions moins sèches, moteur plus docile, sixième rapport appréciable sur autoroute. La DC2 convient mieux à un usage loisir, sorties du week-end et circuits occasionnels. Le choix dépend donc moins de la performance que du temps passé au volant.
À quel prix se situe une Integra Type R en France aujourd’hui ?
Une DC2 propre et documentée se trouve le plus souvent entre 30 000 et 50 000 €, les 98 spec et les exemplaires d’origine affichant les montants les plus élevés. Une DC5 se négocie plutôt entre 20 000 et 35 000 €. Ces ordres de grandeur évoluent vite et une annonce très en dessous du marché mérite un examen approfondi.
Comment vérifier qu’une Integra Type R est authentique ?
Il faut croiser plusieurs éléments : la plaque constructeur et son code de châssis, la référence moteur, la présence des cinq goujons de roue sur les 98 spec, la sellerie Recaro spécifique, le volant et les compteurs d’origine. Un certificat délivré par un club ou une facture de première main renforcent le dossier sans le remplacer.
Une Integra Type R est-elle difficile à assurer ?
Elle relève souvent de l’assurance de véhicule de collection, plus avantageuse à condition d’accepter un usage limité, un kilométrage encadré et parfois un véhicule principal à côté. Une formule classique reste possible, mais la valeur déclarée doit être discutée : sans cela, l’indemnisation en cas de sinistre serait calculée sur une base générique.
Peut-on rouler tous les jours avec ?
Oui, techniquement. La voiture démarre, roule et freine comme n’importe quelle compacte de son époque. Le frein réel tient au confort, à la disponibilité des pièces et à la valeur croissante de l’auto : chaque trajet quotidien fait grimper le kilométrage d’un modèle dont la cote repose en partie sur sa rareté. Beaucoup de propriétaires finissent par la réserver aux beaux jours.
